Relire… Les Confessions – 27

Relire… Les Confessions – 27

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Augustin d’Hippone

Relire… Les Confessions – XXVII

Je veux Te connaître, Toi qui me connais, Te connaître comme je suis connu. Force, pénètre-moi. Fais de moi ce que Tu veux. Tu m’auras, Tu me posséderas sans tache, sans ride. Oh c’est mon espoir, c’est pour quoi je parle. Cet espoir, c’est mon bonheur quand mon bonheur est sage. Pour le reste, dans cette vie, nous pleurons ce que nous ne devrions pas pleurer, et nous ne pleurons pas ce que nous devrions pleurer.

Oui, Tu as aimé la vérité car qui fait la vérité vient à la lumière. Je veux faire la vérité dans mon coeur, devant Toi, par l’aveu et par l’écriture, devant de nombreux témoins. Pour Tes yeux, Seigneur, les abîmes de la conscience humaine sont nus. Quel secret pourrais-je alors avoir, même si je ne voulais pas Te l’avouer? C’est Toi que je cacherais à moi-même et non l’inverse. Mon gémissement est maintenant la preuve de ma propre détestation. C’est Toi qui brilles et qui plais. Qui es aimé et désiré. Je me fais honte. Je me repousse. C’est Toi mon élu.  

Oui, c’est Toi, Seigneur, qui bénis le juste et qui, pour commencer, as rendu juste l’injuste. Sous Tes yeux, je Te fais mes aveux, en silence et pas en silence. Silence bruyant et cri d’amour. Je ne dis rien de juste aux hommes que Tu n’aies d’abord entendu. Et même, Tu n’entends rien de moi que Tu ne m’aies pas d’abord dit.

Saint Augustin, Les aveux / Les confessions (P.O.L, 2013)

image: Saint Augustin et le mystère de la sainte Trinité, Eglise catholique du Tarn / France (catholique-tarn.cef.fr)

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