Morceaux choisis – 716 / Lytta Basset

Morceaux choisis – 716 / Lytta Basset

Morceaux choisis – 716 / Lytta Basset

Lytta Basset 

Jésus n’a pas moralisé. Il n’a pas formulé d’interdits gratuits. Il a toujours assorti ses exhortations d’une promesse de bien-être, car c’est là le seul levier susceptible de nous faire bouger en profondeur: si nous acceptons un jour de changer d’attitude, c’est parce que nous entrevoyons un bénéfice pour nous. Il faut bien que ce à quoi le Christ nous invite soit porteur d’un mieux-être ou d’une libération très personnelle, pour que nous parvenions à nous impliquer. Si nous demeurons dans l’illusion que c’est dans l’intérêt des autres qu’il ne faut pas juger, notre démarche sera volontariste et donc vouée à l’échec. 

L’obéissance à l’appel du Christ se fera d’abord à nos dépens, avec le risque d’en rester là, pour la simple raison que nous sommes chacun le seul être, en définitive, sur lequel nous pouvons avoir un contrôle assuré. Cela revient à entendre ne jugez pas dans l’absolu, sans ce qui suit. Nous commençons alors par nous juger nous-mêmes et nous condamner pour notre incapacité à ne pas juger, alors que l’exhortation du Christ s’applique également à nous-mêmes: nous n’avons à juger définitivement ni les autres, ni nous-mêmes. 

Lytta Basset, Moi je ne juge personne (coll. Spiritualités Vivantes/Albin Michel, 2003)

image: https://pixabay.com/fr

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