Seigneur, apprends-nous à prier – 11

Seigneur, apprends-nous à prier – 11

Seigneur, apprends-nous à prier – 11

Benoît XVI

Seigneur, apprends-nous à prier – X0

C’est avec Marie que commence la vie terrestre de Jésus, et avec Marie aussi que commencent les premiers pas de l’Eglise; dans ces deux moments, le climat est celui de l’écoute de Dieu, du recueillement. Je voudrais donc, aujourd’hui, m’arrêter à cette présence priante de la Vierge dans le groupe des disciples qui vont former la première Eglise naissante. Marie a suivi discrètement tout le chemin de son fils pendant sa vie publique jusqu’au pied de la croix, et elle continue encore à suivre, dans une prière silencieuse, le cheminement de l’Eglise. A l’Annonciation, dans la maison de Nazareth, Marie reçoit l’ange de Dieu; attentive à ses paroles, elle les accueille et répond au projet divin, manifestant sa pleine disponibilité: Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole (Lc 1,38).

C’est justement par son attitude intérieure d’écoute que Marie est capable de lire sa propre histoire, reconnaissant humblement que c’est le Seigneur qui agit. Lors de sa visite à sa cousine Elisabeth, elle exulte dans une prière de louange et de joie, de célébration de la grâce divine qui a comblé son cœur et sa vie, faisant d’elle la Mère du Seigneur (Lc 1, 46-55). Louange, action de grâce, joie: dans le chant du Magnificat, Marie ne regarde plus seulement ce que Dieu a fait en elle, mais aussi ce qu’Il a accompli et continue d’accomplir dans l’histoire. Saint Ambroise, dans un commentaire célèbre du Magnificat, invite à avoir le même esprit dans la prière, lorsqu’il écrit: Que l’âme de Marie soit en chacun de vous pour qu’elle exalte le Seigneur; que l’esprit de Marie soit en chacun de vous pour qu’il exulte en Dieu.

La présence de la Mère de Dieu avec les Onze, après l’Ascension, n’est pas alors une simple annotation historique d’un événement du passé, mais elle revêt une signification de grande valeur, parce qu’avec eux, Marie partage ce qu’il y a de plus précieux: le souvenir vivant de Jésus dans la prière; elle partage cette mission de Jésus: conserver la mémoire de Jésus, et ainsi conserver sa présence. Vénérer la Mère de Jésus dans l’Eglise signifie alors apprendre d’elle à être une communauté qui prie.

La vie humaine traverse des phases qui sont des passages, souvent difficiles et exigeants, qui exigent des choix inéluctables, des renoncements et des sacrifices. La Mère de Jésus a été placée par le Seigneur à des moments décisifs de l’histoire du salut et elle a toujours su répondre avec une disponibilité totale, fruit d’un lien profond avec Dieu, mûri dans une prière assidue et intense. Entre le vendredi de la Passion et le dimanche de la Résurrection, le disciple bien-aimé lui a été confié, et avec lui toute la communauté des disciples (Jn 19, 26). Entre l’Ascension et la Pentecôte, elle se trouve avec et dans l’Eglise en prière (Ac 1, 14). Mère de Dieu et mère de l’Eglise, Marie exerce sa maternité jusqu’à la fin de l’histoire. Confions-lui tous les passages de notre existence personnelle et ecclésiale, y compris notre ultime passage. Marie nous enseigne la nécessité de la prière et nous montre que c’est seulement par un lien constant, intime, plein d’amour avec son fils que nous pourrons sortir de chez nous, sortir de nous-mêmes, courageusement, pour aller jusqu’aux limites du monde annoncer partout le Seigneur Jésus, Sauveur du monde. 

L’école de prière de Benoît XVI / extraits (carmel.asso.fr)

image: Eglise Sainte Thérèse, Genève / Suisse (2014)

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