Espérer… avec Saint Augustin – 7

Espérer… avec Saint Augustin – 7

Espérer… avec Saint Augustin – 7

Espérer… avec Saint Augustin – VII

Permettez-moi de vous parler comme un homme, le premier venu, peut parler aux autres. Que chacun prenne son coeur et l’examine sans flatterie, sans indulgence. Car il ne reste rien de plus insensé que de se flatter soi-même. Que chacun donc s’examine, regarde ce qui se passe dans son propre coeur: la plupart du temps, les prières sont gênées par de vaines pensées, de telle sorte que le coeur peut à grand-peine se tenir en présence de Dieu. Le coeur veut bien se maîtriser pour rester fermement tourné vers Dieu, mais il s’échappe, sans trouver de barrières qui l’arrêtent ou d’entraves pour retenir ses envolées, ses divagations, alors que demeurer en présence de Dieu serait pour lui source de joie. Parmi tant de prières, en est-il une seule qui retienne notre attention?

Quand nous Lui adressons une prière, Dieu l’accepte et l’exauce. Il oublie toutes ces prières que nous formulons de manière si imparfaite. Cette prière qui, à grand-peine, nous tourne vers Lui, Il l’accepte.

Imaginez un homme avec qui un ami commence à s’entretenir. Tout à coup, au moment où il voudrait lui répondre, il voit cet ami se détourner de lui et parler d’autre chose avec un autre. N’est-ce pas insupportable? Dieu supporte tant de gens qui Le prient des lèvres, mais dont le coeur est occupé par mille autres choses; même sans parler de pensées coupables ou perverses ou dictées par la haine de Dieu. Les pensées inutiles, les distractions sont déjà une injure pour celui avec qui tu as commencé à parler. 

La prière est une parole adressée à Dieu. Quand tu lis les textes de la Bible, Dieu te parle. Quand tu pries, c’est toi qui parles à Dieu. Alors, faut-il désespérer du genre humain, déclarer que tout homme est voué à sa perte si quelque pensée venant du dehors se glisse dans sa prière et l’interrompt? S’il en était ainsi, je ne vois pas quelle espérance nous resterait. C’est la miséricorde de Dieu qui nourrit notre espérance. Disons-Lui alors avec le psalmiste: Seigneur, réjouis ton serviteur: vers toi, j’élève mon âme!. (Ps 85, 4)

Augustin d’Hippone, Commentaire sur les psaumes / extrait, dans: Sylvain Gasser, Une année avec Saint Augustin (Bayard, 2013)

image: Fra Angelico, La conversion de Saint Augustin (blog.yupnet.org)

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