Seigneur, apprends-nous à prier – 61

Seigneur, apprends-nous à prier – 61

Seigneur, apprends-nous à prier – 61

  1. Pape François

Seigneur, apprends-nous à prier – LXI

L’Eglise est une grande école de prière. La vie d’une paroisse et de chaque communauté chrétienne est rythmée par les temps de la liturgie et de la prière communautaire. Nous nous apercevons que ce don que nous avons reçu dans l’enfance avec simplicité est un patrimoine très riche, et que l’expérience de la prière mérite d’être toujours davantage approfondie. L’habit de la foi n’est pas amidonné, il se développe avec nous; il n’est pas rigide, il grandit, également à travers des moments de crise et de résurrections; d’ailleurs, il ne peut pas grandir sans des moments de crise, car la crise te fait grandir. Et le souffle de la foi est la prière: plus nous apprenons à prier plus nous grandissons dans la foi. Après certains passages de la vie, nous nous apercevons que sans la foi nous n’aurions pas pu y arriver et que la prière a été notre force. Pas seulement la prière personnelle, mais également celle de nos frères et sœurs, et de la communauté qui nous a accompagnés et soutenus, des gens qui nous connaissent, des gens à qui nous demandons de prier pour nous.

C’est également pour cela que dans l’Eglise fleurissent sans cesse des communautés et des groupes consacrés à la prière. Certains chrétiens ressentent même l’appel à faire de la prière l’action principale de leurs journées. Dans l’Eglise, il y a des monastères, il y a des couvents, des ermitages, où vivent des personnes consacrées à Dieu, qui deviennent souvent des centres de rayonnement spirituel. Ce sont des communautés de prière qui font rayonner la spiritualité. Ce sont des petites oasis où l’on partage une prière intense et où l’on construit jour après jour la communion fraternelle.

Tout dans l’Eglise naît de la prière, et tout grandit grâce à la prière. Quand l’ennemi, le Malin, veut combattre l’Eglise, il le fait tout d’abord en cherchant à assécher ses sources, en les empêchant de prier. Si la prière cesse, il semble pendant un moment que tout puisse continuer comme toujours – par inertie – mais peu de temps après, l’Eglise s’aperçoit qu’elle est devenue comme une enveloppe vide, qu’elle a égaré son axe central, qu’elle ne possède plus la source de la chaleur et de l’amour. Les femmes et les hommes saints n’ont pas une vie plus facile que les autres, au contraire, ils ont eux aussi leurs problèmes à affronter et, en plus, ils sont souvent l’objet d’oppositions. Mais leur force est la prière, qui puise toujours au puits intarissable de notre mère l’Eglise. Par la prière, ils alimentent la flamme de leur foi, comme on le faisait avec l’huile des lampes. Et ainsi, ils avancent en marchant dans la foi et dans l’espérance. Les saints, qui souvent comptent peu aux yeux du monde, sont en réalité ceux qui la soutiennent, non pas avec les armes de l’argent et du pouvoir, des moyens de communication et ainsi de suite, mais avec les armes de la prière.

Dans l’Evangile de Luc, Jésus pose une question dramatique qui nous fait toujours réfléchir: Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? (Lc 18, 8), ou trouvera-t-Il seulement des organisations, comme un groupe d’entrepreneurs de la foi, tous bien organisés, qui font de la bienfaisance, beaucoup de choses… ou trouvera-t-Il la foi? C’est une question que nous, chrétiens, nous devons nous poser: Est-ce que je prie? Comment est-ce que je prie? Comme un perroquet ou bien avec le cœur? Je le répète: nous pouvons conclure que la lampe de la foi sera toujours allumée sur la terre tant qu’il y aura l’huile de la prière.

Pape François, Catéchèse: L’Eglise maîtresse de la prière / extraits (w2.vatican.va)

image: Eglise Sainte Thérèse, Genève / Suisse (2014)

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