Seigneur, apprends-nous à prier – 77

Seigneur, apprends-nous à prier – 77

Seigneur, apprends-nous à prier – 77

Pape François

Seigneur, apprends-nous à prier – LXXVII

Nous avons pu approfondir précédemment notre compréhension de la figure de saint Joseph, guidés par les rares mais importantes informations que donnent les Evangiles, et aussi par les aspects de sa personnalité que l’Eglise, au cours des siècles, a su mettre en valeur à travers la prière et la dévotion. En partant précisément de ce sens commun de l’Eglise qui, dans l’histoire a accompagné la figure de saint Joseph, je voudrais aujourd’hui méditer sur un article important de la foi qui peut enrichir notre vie chrétienne et qui peut également améliorer notre relation avec les saints et avec nos chers défunts: je parle de la communion des saints.

Qu’est-ce donc que la communion des saints? Le Catéchisme de l’Eglise Catholique affirme: La communion des saints est précisément l’Eglise (no 946). Quelle belle définition! Qu’est-ce que cela signifie? Que l’Eglise est réservée aux parfaits? Non. Cela signifie qu’il s’agit de la communauté des pécheurs sauvés. Personne ne peut s’exclure de l’Eglise, nous sommes tous des pécheurs sauvés. Notre sainteté est le fruit de l’amour de Dieu qui s’est manifesté dans le Christ, qui nous sanctifie en nous aimant dans notre misère et en nous en sauvant.

La joie et la tristesse qui touchent ma vie affectent tout le monde, tout comme la joie et la tristesse qui touchent la vie du frère et de la sœur à côté de nous m’affectent également. Je ne peux pas être indifférent aux autres, car nous sommes tous dans un seul corps, en communion. Dans ce sens, même le péché d’une personne individuelle affecte toujours tout le monde, et l’amour de chaque personne individuelle affecte tout le monde. En vertu de la communion des saints, de cette union, chaque membre de l’Eglise est lié à moi d’une manière profonde: mais je ne dis pas à moi parce que je suis le Pape; à chacun de nous, il est lié, nous avons été liés d’une manière profonde, et ce lien est si fort qu’il ne peut être rompu pas même par la mort.

En effet, la communion des saints ne concerne pas seulement les frères et sœurs qui sont à mes côtés en ce moment de l’histoire, mais concerne aussi ceux qui ont achevé leur parcours, le pèlerinage terrestre et ont franchi le seuil de la mort. Même eux sont en communion avec nous. Pensons-y, chers frères et sœurs: dans le Christ, personne ne peut jamais vraiment nous séparer de ceux que nous aimons parce que le lien est un lien existentiel, un lien fort qui est dans notre nature même; seule la manière d’être ensemble – eux avec chacun d’entre nous – change, mais rien ni personne ne peut briser ce lien. Père, pensons à ceux qui ont renié la foi, qui sont apostats, qui sont les persécuteurs de l’Eglise, qui ont renié leur baptême: ceux-là aussi sont-ils à la maison? Oui, ceux-là aussi. Tous. Les blasphémateurs, tous autant qu’ils sont. Nous sommes frères. C’est la communion des saints. La communion des saints maintient ensemble la communauté des croyants sur la terre et dans le Ciel. Et sur la terre, les saints, les pécheurs, tout le monde.

Dans ce sens, la relation d’amitié que je peux établir avec un frère ou une sœur à côté de moi, je peux aussi l’établir avec un frère ou une sœur qui est au Ciel. Les saints sont des amis avec lesquels nous entrons très souvent en relation d’amitié. Ce que nous appelons dévotion à un saint, ce que nous appelons dévotion est en fait une façon d’exprimer l’amour fondé précisément sur ce lien qui nous unit. Tous, nous avons besoin d’amis; tous nous avons besoin de relations significatives qui nous aident à affronter la vie. Jésus aussi avait ses amis, et Il s’est tourné vers eux aux moments les plus décisifs de Son expérience humaine. Dans l’histoire de l’Eglise, il y a quelques constantes qui accompagnent la communauté des croyants: tout d’abord, la grande affection et le lien très fort que l’Eglise a toujours ressenti envers Marie, Mère de Dieu et notre Mère. Mais aussi l’honneur et l’affection particuliers qu’elle a accordé à saint Joseph. Dieu lui confie ce qu’il a de plus précieux: Son Fils Jésus et la Vierge Marie.

C’est toujours grâce à la communion des saints que nous sentons proches de nous les saints et les saintes, par l’Eglise à laquelle nous appartenons, par le lieu où nous vivons, et ainsi de suite, même par une dévotion personnelle. Et c’est cette confiance qui doit toujours nous animer en nous tournant vers eux aux moments décisifs de notre vie. Ce n’est pas de la magie, ce n’est pas de la superstition: c’est simplement parler à un frère, à une sœur qui est devant Dieu, qui a mené une vie juste, une vie sainte, une vie modèle, et qui est maintenant devant Dieu. Et je parle à ce frère, à cette sœur, et je demande son intercession pour les besoins que j’ai.

C’est précisément pour cette raison que je veux conclure cette catéchèse par une prière à saint Joseph à laquelle je suis particulièrement attaché et que je récite chaque jour depuis de nombreuses années, plus de quarante ans. C’est une prière que j’ai trouvée dans un livre de prières des Sœurs de Jésus et de Marie, datant de la fin des années 1700. Elle est très belle, mais plus qu’une prière, c’est un défi à cet ami, à ce père, à notre protecteur qu’est saint Joseph. Ce serait bien que vous appreniez cette prière et puissiez la répéter. Je vais la lire:

Glorieux Patriarche, saint Joseph, dont la puissance sait rendre possibles les choses impossibles, viens à mon aide en ces moments d’angoisse et de difficulté. Prends sous ta protection les situations si graves et difficiles que je te recommande, afin qu’elles aient une heureuse issue. Mon bien-aimé père, toute ma confiance est en toi. Qu’il ne soit pas dit que je t’ai invoqué en vain, et puisque tu peux tout auprès de Jésus et de Marie, montre-moi que ta bonté est aussi grande que ton pouvoir. Amen.

Pape François, Catéchèse sur saint Joseph / extraits (w2.vatican.va)

image: Eglise Sainte Thérèse, Genève / Suisse (2014)

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