Soeur Marie-Emmanuel
L’ange avait appris aux enfants de Fatima à demander pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui n’aiment pas Dieu: voilà une magnifique prière sacerdotale! Etre ceux qui prions, louons, qui rendons présent le mystère pascal du Seigneur et Sa force agissante, pas seulement dans la liturgie ou l’annonce explicite, mais dans toute forme d’activité humaine, dans tout état de vie, pour tous ceux qui ne le font pas.
Un malade isolé dans sa chambre d’hôpital peut être à lui seul la présence du Christ pour tous ceux qui souffrent dans les autres chambres. Il peut les offrir à Dieu, en plus de s’offrir lui-même avec sa souffrance, son corps qui lui fait mal, sa peine et sa solitude: il exerce son sacerdoce de baptisé.
Le sacrifice de Jésus ne suffisait-il pas pour sauver le monde? Pourquoi Dieu a-t-il voulu faire de nous aussi des prêtres? Par pure surabondance. Ou bien tout a un sens, ou bien rien n’a de sens. Cette toute petite offrande, ce sacrifice de rien, cette parole inutile que je retiens, cette difficulté sur laquelle je bute, ou ce grand drame que certains de nos frères vivent – car il y a des souffrances qui dépassent la mesure humaine et sont vraiment déconcertantes si on croit à l’amour de Dieu pour chacun de nous: Dieu prend tout en le faisant participer à la victoire de la Résurrection de Son Fils.
Soeur Marie-Emmanuel, Le sacerdoce des baptisés, dans: Vives Flammes no 331 – Prêtres, don de Dieu (Ed. du Carmel, 2023)
image: Abbaye cistercienne Sainte Marie de Boulaur, Gers / France (tourisme-gers.com)