Pape Léon XIV
Seigneur, apprends-nous à prier – CXXVIII
Nous vivons des nuits douloureuses et difficiles: des nuits de l’âme, des nuits de déception, des nuits où quelqu’un nous a blessés ou trahis. Dans ces moments-là, la tentation est de se renfermer, de se protéger, de riposter. Mais le Seigneur nous montre l’espérance d’une autre voie qui existe, toujours. Il nous enseigne que nous pouvons offrir une bouchée même à ceux qui nous tournent le dos; que nous pouvons répondre par le silence de la confiance t que nous pouvons avancer avec dignité, sans renoncer à l’amour.
Demandons aujourd’hui la grâce de savoir pardonner, même lorsque nous nous sentons incompris, même lorsque nous nous sentons abandonnés, car c’est précisément dans ces moments-là que l’amour peut atteindre son apogée. Comme Jésus nous l’enseigne, aimer signifie laisser l’autre libre – même de trahir – sans jamais cesser de croire que même cette liberté blessée et perdue, peut être arrachée aux illusions des ténèbres et ramenée à la lumière du bien. Lorsque la lumière du pardon parvient à filtrer à travers les fissures les plus profondes du cœur, nous comprenons qu’il n’est jamais inutile, même si l’autre ne l’accepte pas, même s’il semble vain, le pardon libère celui qui le donne: il dissout le ressentiment, restaure la paix et nous rend à nous-mêmes.
Jésus, par le geste simple du pain offert, montre que toute trahison peut devenir une occasion de salut, si elle est choisie comme espace d’un amour plus grand. Il ne cède pas au mal, mais le vainc par le bien, l’empêchant d’éteindre ce qu’il y a de plus vrai en nous: la capacité d’aimer.
Léon XIV, Catéchèse Jubilé 2025 – Jésus-Christ notre espérance / extraits (vatican.va)
image: Eglise Sainte Thérèse, Genève / Suisse (2014)



