Pape Léon XIV
Seigneur, apprends-nous à prier – CXXIX
Nous sommes habitués à juger. Dieu, Lui, accepte la souffrance. Lorsqu’Il voit le mal, Il ne se venge pas, mais s’afflige. Si nous renions l’amour qui nous a engendrés, si, en trahissant, nous devenons infidèles à nous-mêmes, alors nous perdons véritablement le sens de notre venue au monde et nous nous excluons nous-mêmes du salut. Pourtant, précisément là, à l’endroit le plus sombre, la lumière ne s’éteint pas. Au contraire, elle commence à briller. Car si nous reconnaissons nos limites, si nous nous laissons toucher par la douleur du Christ, alors nous pouvons enfin naître de nouveau. La foi ne nous épargne pas la possibilité du péché, mais nous offre toujours une issue: celle de la miséricorde.
Jésus ne se scandalise pas face à notre fragilité. Il sait bien qu’aucune amitié n’est à l’abri du risque de trahison. Mais Jésus continue à s’asseoir à table avec les siens. Il ne renonce pas à rompre le pain, même avec celui qui le trahira. Telle est la force silencieuse de Dieu: Il n’abandonne jamais la table de l’amour, pas même lorsqu’Il sait qu’Il sera laissé seul.
Nous aussi, nous pouvons nous demander aujourd’hui, sincèrement: Serait-ce moi, le traître? Non pas pour nous sentir accusés, mais pour ouvrir un espace à la vérité dans nos cœurs. Le salut commence ici: par la conscience que nous pourrions être ceux qui trahissent la confiance en Dieu, mais aussi ceux qui la recueillent, la protègent et la renouvellent. Au fond, c’est cela l’espérance: savoir que, même si nous pouvons échouer, Dieu ne nous laisse jamais. Même si nous pouvons trahir, Il ne cesse jamais de nous aimer. Et si nous nous laissons toucher par cet amour – humbles, blessés, mais toujours fidèles – alors nous pouvons véritablement renaître. Et commencer à vivre non plus comme des traîtres, mais comme des enfants toujours aimés.
Léon XIV, Catéchèse Jubilé 2025 – Jésus-Christ notre espérance / extraits (vatican.va)
image: Eglise Sainte Thérèse, Genève / Suisse (2014)



