Regards ignatiens – LXIV
Nikolaas Sintobin
Ce n’est qu’après avoir mûri dans l’attitude de reconnaissance, que cela prend tout son sens de demander pardon. Car la reconnaissance nous donne la possibilité de prendre conscience, ouvertement et en pleine conscience, qu’il y a aussi des ombres dans notre vie. Où étions-nous triste, vide, irrité, fâché, désespéré? Qu’est-ce qui nous a détourné de la vie et donc de Dieu? L’objectif n’est pas de se complaire dans cette désolation. Mais bien de prendre conscience des impasses dans notre manière d’être et de nous comporter.
Arriver à comprendre son péché est, selon Ignace, une grâce, un cadeau de Dieu. Cela peut en effet nous aider à ne plus tomber à l’avenir dans ces pièges. Cela peut devenir ainsi un tremplin vers un épanouissement, car vers davantage de vie. Le repentir a pour effet de nous permettre de devenir un homme plus libre, car il ouvre la porte à un choix personnel de s’y prendre autrement. De croître dans cette belle humanité à laquelle nous sommes appelé.
Nikolaas Sintobin, La joie ma boussole (Fidélité, 2019)
image: Juan Martínez Montañés et Francisco Pacheco, San Ignacio de Loyola (catholicsun.org)



