Morceaux choisis – 1318 / Thomas Merton

Thomas Merton

Dieu se révèle au monde dans Son Corps mystique, l’Eglise, qui est la communauté de ceux qui sont réconciliés avec le Père, dans le Christ, parce qu’ils sont tous unis dans le Saint-Esprit.

Si l’unité des chrétiens en un seul Corps fait de l’Eglise un signe de Dieu dans le monde, et si la faiblesse des hommes, leur égoïsme et leurs péchés les poussent malheureusement à lutter et être divisés, la volonté de réconciliation et de pardon est nécessaire si l’Eglise veut manifester Dieu au monde.

Le Christ ne sera visible au monde dans Son Eglise qu’autant que les chrétiens chercheront la paix et l’union des uns avec les autres. Mais comme les conflits sont inévitables, l’union ne sera maintenue qu’au prix de grandes difficultés, de sacrifices perpétuellement renouvelés, de probité lucide, de franchise, d’humilité, d’empressement à demander pardon et à pardonner. La vie chrétienne est une conversion perpétuelle, un retour à Dieu et à l’Eglise du pardon.

Dans la mesure où l’Eglise est une communion de pardon, c’est une épiphanie de l’Amour divin, de l’amour qui est à la base du mystère de la création et de la Rédemption. Cette communion elle-même est un profond mystère religieux, car elle nous fait participer non seulement à l’amour naturel que nous devons porter à nos frères, mais à l’amour de Dieu pour l’homme pécheur, que nous ont révélés la Croix et la Résurrection de Jésus-Christ.

Pour pénétrer pleinement ce mystère, il faut recevoir le Saint-Esprit, qui est l’Amour de Dieu (cf. 1 Co 2, 10-12). Le Saint-Esprit demeure dans l’Eglise, vivifiant tous ceux qui sont dans le Christ et membres de Son Eglise.

Thomas Merton, Le temps des Fêtes (Ad Solem, 2012)

image: Abbaye de Valvisciolo, Italie (fr.dreamstime.com)

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