Morceaux choisis – 1374 / Michel-Marie Zanotti-Sorkine

Michel-Marie Zanotti-Sorkine

Pour s’en tenir à nos histoires de famille, plusieurs prêtres français, dont certains furent reconnus innocents, incapables de supporter la charge émotionnelle créée par leur garde à vue, leur incarcération et le lâchage des leurs, ont mis fin à leurs jours, sans pourtant émouvoir outre mesure qui que ce soit. La preuve en est que l’implacabilité dans la gestion de ces drames ne semble pas bouger d’un pouce: il est toujours abaissé comme au temps des Romains! L’image est forte et donc faussée, mais que voulez-vous, il faut parfois forcer le trait pour ébranler les prescripteurs de remèdes de cheval.

Ici, n’allons pas frelater la pensée du Christ en limitant le pardon au plan surnaturel tandis que des dossiers maintiennent vivantes les accusations. Le pardon chrétien suppose et implique la recréation de la confiance telle que Jésus l’a vécue avec Pierre qui commit un acte extrêmement grave en le reniant publiquement pour sauver sa peau; avec l’enfant prodigue qui fut réintégré dans ses droits de fils après avoir fait n’importe quoi; avec la femme adultère qui reprit sa vie sans avoir à présenter le jour même je ne sais quel passeport de bonne conduite à la synagogue; avec le bon larron dont le dossier pèse une tonne, lequel fut emporté à l’heure de sa mort en plein Ciel et sans étapes pour avoir compati une seconde au sort du condamné Jésus.

Alors, évitons par respect pour Lui la forfaiture: Je te pardonne mais je garde sur mes tablettes le mal commis et… je te chasse!

Michel-Marie Zanotti-Sorkine, On n’est jamais trahi que par les siens / extraits (Téqui, 2026)

image: Le Christ et le bon larron (temoindelalumiere.fr) 

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