Chemins de traverse – 499 / Alexandre Voisard

Alexandre Voisard

Passé mille ans d’errance,
me voici revenu au pays que je n’ai jamais quitté.

Voici la contrée que je ne quitterai plus,
la plaine autrefois parcourue que je retrouve
sans l’avoir à aucun instant perdue.

Voici mon pays tremblant
que j’emporterai vers le secret de l’aube,
mon étendue matinale
qui ne sommeille bien qu’entre mes bras.

Je te retrouve, mon aire chaude
traversée d’odeurs de noix et du bruissement des feuilles.
Tu es semblable à la forêt
où je retourne en sommeillant,
tu es la rivière qui ne cesse de recourir à son enfance.

Mon pays de fougère qui habite ma main
comme une horloge endormie.

Alexandre Voisard, L’étendue – Les deux versants de la solitude, dans: Poésies, vol. II (coll. camPoche/Campiche, 2006)

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