Morceaux choisis – 1300 / Léon XIV

Léon XIV

Heureux les artisans de paix! C’est une grande joie de vous rencontrer et de visiter cette terre où la paix est bien plus qu’un mot. Ici, la paix est un désir et une vocation; elle est un don et un chantier toujours ouvert. Outre les beautés naturelles et les richesses culturelles du Liban, déjà louées par tous mes prédécesseurs qui ont visité votre pays, une qualité resplendissante distingue les Libanais: vous êtes un peuple qui ne succombe pas, mais qui sait toujours renaître avec courage face aux épreuves. Votre résilience est une caractéristique indispensable des véritables artisans de la paix: l’œuvre de la paix, en effet, est un recommencement continu. L’engagement et l’amour de la paix ne connaissent pas la peur face aux défaites apparentes; ils ne se laissent pas abattre par les déceptions, mais savent regarder loin, accueillant et embrassant avec espérance toutes les réalités. Il faut de la ténacité pour construire la paix; il faut de la persévérance pour préserver et faire grandir la vie.

Interrogez votre histoire. Demandez-vous d’où vient cette formidable énergie qui n’a jamais laissé votre peuple à terre, sans espérance. Vous êtes un pays diversifié, une communauté de communautés, mais unie par une langue commune. Je ne pense pas seulement à l’arabe levantin que vous parlez, à travers lequel votre grand passé a disséminé des perles d’une valeur inestimable. Je pense surtout au langage de l’espérance, celui qui vous a toujours permis de recommencer. Autour de nous, presque partout dans le monde, une sorte de pessimisme et un sentiment d’impuissance semblent avoir gagné: les personnes semblent n’être même plus capables de se demander ce qu’elles peuvent faire pour changer le cours de l’histoire. Les grandes décisions semblent être prises par quelques-uns, souvent au détriment du bien commun, et cela apparaît comme un destin inéluctable.

Le Liban peut se vanter d’avoir une société civile vivante, bien formée, riche en jeunes capables d’exprimer les rêves et les espérances de tout un pays. Je vous encourage donc à ne jamais vous séparer des gens et à vous mettre au service de votre peuple – si riche dans sa diversité – avec engagement et dévouement. Puissiez-vous parler une seule langue: la langue de l’espérance qui fait converger tout le monde vers un recommencement toujours nouveau. Que le désir de vivre et de grandir ensemble, en tant que peuple, fasse de chaque groupe une voix dans une polyphonie. Que le lien profond d’affection qui unit tant de Libanais dispersés dans le monde à leur pays vous aide également. Ils aiment leurs origines, prient pour le peuple dont ils se sentent partie intégrante et le soutiennent grâce à leurs multiples expériences et compétences qui les rendent si appréciés partout.

Enfin, vous êtes un peuple qui aime la musique, laquelle, les jours de fête, devient danse, langage de joie et de communion. Cet aspect de votre culture nous aide à comprendre que la paix n’est pas seulement le résultat d’un engagement humain, aussi nécessaire soit-il. La paix est un don qui vient de Dieu et qui, avant tout, habite notre cœur. Elle est comme un mouvement intérieur qui se répand vers l’extérieur, nous permettant de nous laisser guider par une mélodie plus grande que nous-mêmes, celle de l’amour divin. Celui qui danse avance avec légèreté, sans piétiner le sol, harmonisant ses pas avec ceux des autres. Telle est la paix: un cheminement mû par l’Esprit, qui met le cœur à l’écoute et le rend plus attentif et respectueux envers l’autre. Puisse grandir parmi vous ce désir de paix qui vient de Dieu et qui peut transformer dès aujourd’hui la manière de regarder les autres et d’habiter ensemble cette terre: une terre qu’Il aime profondément et qu’Il continue de bénir.

Léon XIV, Voyage apostolique au Liban / extraits – 30 novembre 2025 (vatican.va)

image: https://www.bfmtv.com

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