Patrick Chauvet
Le silence n’est ni le vide ni la mort; il doit nous rapprocher de la vie pleine. Lorsque nous restons à la surface de nous-mêmes, nous ne pouvons pas entrer dans ce silence, non seulement à cause du bruit, mais parce que la superficialité m’empêche d’aller à l’essentiel.
Le silence engendre la paix qui est le bien des biens, le bien de Dieu, que nous devons demander sans cesse. C’est l’un des fruits de l’Esprit Saint. Le silence unifie car il nous met dans l’intime de notre être, notre foyer secret, la fine pointe de l’âme. C’est alors la simplicité, alors que nous avons l’art de tout compliquer.
Une âme simple est celle qui, au fond de tout ce qui arrive, sait découvrir, adorer, aimer la volonté de Dieu. Une vie simple est une vie qui se passe dans l’union de foi à cet amour, écrit Dom Augustin Guillerand. Cette âme voit Dieu en tout et par le fait même se simplifie. Le silence nous aide à demeurer en Dieu, à Le regarder parce que nous L’aimons. Dieu qui n’est qu’Amour veut l’union qui exige que deux êtres se rapprochent, viennent l’un à l’autre. Si Dieu est venu auprès de nous, c’est pour se montrer, s’exprimer, réaliser toutes les conditions d’union divine. Mais nous devons nous approcher de Dieu, ouvrir notre âme à la lumière. L’Amour ne se donne que si on se donne! il s’agit d’offrir notre liberté, sinon Dieu ne se donnera pas. Que veut dire offrir sa liberté? C’est dire à la suite du Christ: Que ce soit ta volonté et non la mienne; c’est la prière du père Charles de Foucauld: Fais de moi ce qu’il te plaira.
Notre demeure, c’est Dieu dans sa vie intérieure.
Patrick Chauvet, Le silence / extraits (lamadeleineparis.fr)
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