Michel-Marie Zanotti-Sorkine
Au-delà du regard offert à l’humanité pour comprendre les êtres en ce qu’ils traversent, et du pur toucher, quand il met la main à la pâte humaine qui a bien du mal à monter, l’intelligence attend sa nourriture, et c’est à la parole humaine de jouer sa partie en abattant ses atouts de vertige, appuyée sur la Parole divine reçue de l’Eglise.
Ici, je ne crains pas d’affirmer que les baptisés que nous sommes, acteurs englués dans un monde de plus en plus complexe, trop souvent apeurés à la seule pensée de se retrouver à la marge des forces de progrès ou traités de ringards par elles, cèdent à la tentation de ne pas faire de vagues.
Que la pensée du Christ soit difficile à défendre, je le conçois avec vous, mais par pitié, n’allez pas d’un haut-le coeur vous en dispenser en déclarant forfait tout en prétextant qu’une posture trop radicale induirait un évincement social préjudiciable à l’évangélisation. En un mot, mieux vaudrait la boucler et longer les murs en costume gris muraille pour, telle une araignée, sauter au bon moment sur la mouche!
Mon Dieu, quelle contorsion! Je ne connais pas de pédagogie plus étrangère à celle du Christ. La sienne ne prend pas son élan sur la volonté d’être admis, et par-dessus tout, elle redoute l’approbation des hommes. Applaudi, sifflé, traîné dans la boue, cela lui est bien égal, la valeur de l’artiste ou la qualité de la pièce ne dépendant pas de l’avis du public! Par conséquent, reçue ou pas reçue, créatrice d’oppositions, Il s’en fiche, dans la mesure évidemment où la parole est donnée par amour et dans l’amour. De ce terreau, un jour elle fleurira…
Michel-Marie Zanotti-Sorkine, On n’est jamais trahi que par les siens / extraits (Téqui, 2026)
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