Morceaux choisis – 827 / Pierre-Marie de la Croix

Pierre-Marie de la Croix

La sainteté n’est pas une raide fidélité à des principes, elle est généreuse fidélité à une Personne. Elle n’est pas une observance, elle est un grand amour. Elle ne demande pas un style de vie à part, magnifique, en marge de la banalité journalière: elle est cette banalité même – ce terrible quotidien – assumé, aimé, offert. C’est cet humble matériau qu’utilise l’Amour pour former des joyaux de sainteté.

Que de saintetés nous côtoyons chaque jour sans le savoir, dans la rue, à l’usine, au foyer! Oh, bien sûr, elles s’accomplissent invisiblement, cachées dans l’épaisseur de la boue dont nous sommes faits. Mais le regard de Dieu perce cette écorce de misère. Il va au coeur, et Il sait y découvrir tous ces mouvements de bonne volonté, tous ces espoirs inachevés, ces sourires qui recouvrent parfois tant de peine, ce courage pour le pain de chaque jour qu’il faut gagner au prix de tant de sueur sur le front.

C’est là, dans ces humbles choses, que nous rencontrons le Seigneur, né Lui-même parmi elles. C’est là qu’Il est venu chercher l’humanité, et Son chemin n’est pas dans les grandeurs. C’est là que se contentant de nos faibles efforts, Il viendra nous rejoindre dans l’humilité, quand nous aurons compris que nous ne sommes rien et qu’Il est tout, qu’il faut aimer et qu’il suffit d’aimer. C’est là que chacun de nous, tel qu’il est et où il est, peut atteindre avec Dieu, la sainteté la plus sainte, la plus vraie: celle des pauvres et des petits.

Pierre-Marie de la Croix, L’oraison du pauvre (Editions du Carmel, 2003)

image: Icône du Christ ressuscité (site-catholique.fr)

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