Vous verrez le ciel ouvert – 38

Vous verrez le ciel ouvert – 38

Vous verrez le ciel ouvert – 38

Vous verrez le Ciel ouvert – XXXVIII

Les entretiens de Charles Journet

Il faut être attentif à notre amour pour Dieu, car celui qu’Il nous porte ne nous manquera jamais. Il est toujours prévenant pour l’âme, l’attaquant par les rayons de Sa bonté. Quelquefois, Il la bouleverse, et cela peut être si terrible qu’il lui semble impossible qu’un Dieu qui est Amour puisse assaillir l’âme d’une façon aussi sauvage, et en la laissant en même temps dans la nuit. Quand Il l’attaque ainsi, la réduisant à rien, que voulez-vous qu’on dise à cette âme? Il faut que Dieu l’aime beaucoup pour lui envoyer de telles épreuves, mais tout mot qu’on dirait serait déplacé, il faut laisser cette âme dans le corps à corps avec Dieu. Tout ce qu’on peut faire, c’est de dire: O mon Dieu, Vous pouvez, si Vous voulez, mettre en un instant un rayon de lumière au fond de ce coeur! Et Dieu peut desserrer l’étau un moment…

Pourquoi Dieu permet-il cela pour moi? Mais la question peut être encore plus bouleversante: pourquoi Dieu permet-il cette épreuve pour ceux que j’aime? Est-ce qu’on peut souhaiter une pareille agonie à ceux qu’on aime, bien qu’on en connaisse tout le prix? Non. Les saints, pour qui la souffrance est le bien suprême à cause de la grâce que Dieu verse en eux pour la porter, prient de tout leur coeur pour que cette agonie soit évitée aux autres; ils supplient pour que la misère s’en aillent du monde, qu’elle soiot condensée en eux.

Ce sont des égoïstes merveilleux, les saints: ils prennent sur eux la Croix, et ils commencent à ressembler à Jésus d’une manière qui nous est, hélas! bien étrangère…

Charles Journet, Entretiens sur la charité / extraits (Parole et Silence, 1999)

image: Chartreuse de la Valsainte, Charmey / Suisse (acustica-godel.ch)

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