Morceaux choisis – 672 / Geneviève de Gaulle-Anthonioz

Geneviève de Gaulle-Anthonioz

Mes yeux se ferment sur une sorte de vision intérieure: un grand lac calme au milieu d’une sombre forêt. Ses bords sont nus et escarpés. Pas un roseau, pas un frisson de l’eau, pas un oiseau. Fascinée, je m’avance dangereusement. Une main vigoureuse me retient au moment de tomber.

Et soudain, c’est une grande paix qui me pénètre. Comme je voudrais la partager! Le chant du Salve Regina me revient tout entier en mémoire: la Mère de Miséricorde, notre vie, notre douceur, notre espérance, a tourné les yeux vers cette pauvresse qui gémit et qui pleure.

J’invoque sa clémence pour celles qui visitent l’angoisse et la mort tout près de moi et dont je ne sais plus rien…

Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Voici ta mère, dans: Jean Vanier, Prières glanées (Editions Fidélité, 2014)

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