Frère Henri-Marie
Il est sans doute nécessaire de parler de la place de l’adoration eucharistique dans une vie chrétienne, cette pratique qui consiste à passer un temps d’entière gratuité en présence du Christ vivant dans l’Hostie consacrée. Il n’y a pas grand chose à faire sinon regarder, écouter et s’émerveiller en silence. Cela n’a l’air de rien et c’est souvent très pauvrement vécu, mais, comme pour toute amitié humaine, c’est essentiel pour construire et développer une relation vraie d’intimité et de fidélité. Si je puis dire, c’est le prix qu’il faut mettre pour que se forge et grandisse toujours davantage la relation avec le Christ devenu Familier, Confident et Ami: un Ami découvert toujours plus profondément et reconnu Dieu en vérité. Alors peut se creuser aussi cette faim de Lui qui nous fera désirer de façon croissante Le recevoir comme Pain de Vie parce qu’on L’aura effectivement identifié comme tel.
Pourtant, nous devons prendre garde à un travers bien typique de notre époque: notre contact avec l’Eucharistie ne peut jamais être compris comme quelque chose de purement privé. Elle n’est pas le champ d’exercice d’un individualisme de plus. En effet, en tant que Sacrement qui crée la communion, non seulement avec Dieu, mais inséparablement aussi avec les frères, l’Eucharistie doit toujours être également entendue dans sa dimension communautaire, c’est-à-dire ecclésiale.
Donc: Eucharistie, sacrement de Vie; Pain appelé à creuser notre faim et soif de la Vie; sacrement fréquenté et approfondi dans l’adoration; aliment construisant la communion entre les fidèles. Et, pour tout résumer, sacrement nous préparant à la Vie bienheureuse comme Jésus Lui- même nous l’assure dans l’Evangile: Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour (Jn 6, 54).
Frère Henri-Marie, Homélie de la Fête-Dieu / extraits (abbaye-hauterive.ch)
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