Seigneur, apprends-nous à prier – 65

Seigneur, apprends-nous à prier – 65

Seigneur, apprends-nous à prier – 65

Pape François

Seigneur, apprends-nous à prier – LXV

La prière chrétienne, comme toute la vie chrétienne, n’est pas une promenade. Aucun des grands orants que nous rencontrons dans la Bible et dans l’histoire de l’Eglise n’a eu une prière confortable. Oui, on peut prier comme des perroquets, mais ce n’est pas une prière. La prière apporte assurément une grande paix, mais à travers un combat intérieur, parfois dur, qui peut accompagner des périodes parfois longues de la vie. Prier n’est pas une chose facile et c’est pourquoi nous fuyons la prière. Chaque fois que nous voulons le faire, de nombreuses autres activités nous viennent immédiatement à l’esprit, qui à ce moment-là apparaissent plus importantes et plus urgentes. Cela m’arrive aussi… Nous fuyons la prière, je ne sais pas pourquoi, mais c’est ainsi. Presque toujours, après avoir reporté la prière à plus tard, nous nous apercevons que ces choses n’étaient pas du tout essentielles, et que nous avons peut-être perdu du temps. L’Ennemi nous trompe ainsi.

Tous les hommes et les femmes de Dieu rapportent non seulement la joie de la prière, mais également la difficulté et la fatigue qu’elle peut procurer: à certains moments c’est une lutte dure que de tenir foi aux temps et aux modes de prière. Certains saints l’ont poursuivie pendant des années sans en éprouver aucun goût, sans en percevoir l’utilité. Le silence, la prière, la concentration sont des exercices difficiles, et quelquefois la nature humaine se rebelle. Nous préférerions être dans n’importe quelle autre partie du monde, mais pas là, sur ce banc de l’église en train de prier. Celui qui veut prier doit se rappeler que la foi n’est pas facile, et que parfois elle avance dans une obscurité presque totale.

Les pires ennemis de la prière se trouvent cependant en nous: découragement devant nos sécheresses, tristesse de ne pas tout donner au Seigneur, déception de ne pas être exaucés selon notre volonté propre, blessure de notre orgueil qui se durcit sur notre indignité de pécheur, allergie à la gratuité de la prière. 

Que faire au moment de la tentation, quand tout semble vaciller? Si nous explorons l’histoire de la spiritualité, nous remarquons immédiatement que les maîtres de l’âme avaient bien clairement à l’esprit la situation que nous avons décrite. Pour la dépasser, chacun d’entre eux a offert une contribution: une parole de sagesse, ou bien une suggestion pour affronter les temps pavés de difficultés. Il ne s’agit pas de théories élaborées à un bureau, non, mais de conseils nés de l’expérience, qui montrent l’importance de résister et de persévérer dans la prière. Il serait intéressant de passer en revue au moins certains de ces conseils, car chacun mérite d’être approfondi. Par exemple, les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola sont un livret de grande sagesse, qui enseigne à mettre de l’ordre dans sa propre vie. Il fait comprendre que la vocation chrétienne est le choix de militer, et la décision de se placer sous la bannière de Jésus Christ et pas sous celle du diable, en cherchant à faire le bien même quand cela devient difficile.

A la fin de notre vie, en regardant derrière nous, nous pourrons alors dire: Je pensais que j’étais seul, mais non, je ne l’étais pas: Jésus était avec moi. Nous pourrons tous dire cela.

Pape François, Catéchèse: Le combat de la prière / extraits (w2.vatican.va)

image: Eglise Sainte Thérèse, Genève / Suisse (2014)

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